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Archive Actualités du 01 et 02 JUIN 2006


Royal relance le débat sur la délinquance

20Minutes.fr | 02.06.06 | 08h28

Tout le monde en parle, et c'est sûrement l'essentiel pour elle. Les commentaires ont déferlé hier, à droite comme à gauche, aprés les propositions de Ségolène Royal pour lutter contre la délinquance. Mercredi soir, en déplacement à Bondy (Seine-Saint-Denis), la favorite des sondages au PS pour la présidentielle 2007 a défendu la méthode forte, avec notamment la mise sous tutelle des allocations familiales pour les parents d'enfants délinquants, et le placement des perturbateurs de plus de 16 ans dans des centres «à dimension militaire ».

Hier, ses concurrents au PS ont tiré à boulets rouges sur la présidente PS de Poitou- Charentes, l'accusant de chasser sur les terres répressives de Nicolas Sarkozy. Jean-Luc Mélenchon a dénoncé sa«dérive droitiére», MarcDolez a qualifié ses positions d'«inacceptables », appelant François Hollande, premier secrétaire, à « faire la mise au point nécessaire». Silence radio pour l'instant à la tête du PS.

DSKa ironisé, et son lieutenant Jean-Christophe Cambadélis a raillé le«dérapage » de Ségolène. Les fabiusiens, eux, ont déploré un«copier coller du programme UMP». Seul le jospinien Manuel Valls a soutenu Royal, saluant « un discours clair qui est celui attendu dans les quartiers populaires ».

Côté UMP, Nicolas Sarkozy a traité son adversaire avec condescendance. « Un message pour Mme Royal : "Continuez dans cette direction, vous êtes sur le bon chemin, ça progresse" », a déclaré hier le ministre de l'Intérieur, ses proches comme Christian Estrosi, dénonçant un«mauvais plagiat ».

Dominique de Villepin ne renonce pas, avec 2007 en ligne de mire

01/06/2006 - 15h26
par Sophie Louet

CHARTRES, Eure-et-Loir (Reuters) - Dominique de Villepin ne s'estime pas en sursis malgré la menace Clearstream et la d&é&cute;fiance de sa majorité.

Le Premier ministre s'est résolument inscrit dans la durée jeudi, s'engageant à présenter un modèle social "rénové" en 2007 dans une profession de foi aux accents électoraux.

Un an après sa nomination à Matignon, Dominique de Villepin avait choisi Chartres, à distance des "troubles" parisiens, pour sa 11e conférence de presse mensuelle placée sous le sceau de la "sérénité", de la "constance" et de l'"action".

"Nous sommes sur la bonne voie. Je ne suis pas un homme de bilan. Mais je tiens à souligner que le travail de la majorité et du gouvernement porte ses fruits", a-t-il souligné en présence de cinq ministres.

Le Premier ministre n'entend pas céder au syndrome pré-électoral de l'immobilisme qui s'empare traditionnellement des gouvernements : "Il n'est pas question de faire une pause pendant un an". "Les Français nous en voudraient beaucoup".

Le message est adressé à l'électorat, mais aussi - et prioritairement - à une majorité UMP frondeuse qui conjugue déjà Dominique de Villepin au passé au profit de Nicolas Sarkozy.

"Nous avons besoin d'une majorité unie, d'une majorité qui défend son bilan, son projet", a lancé le Premier ministre.

Et d'évoquer avec ironie les ambitions qui s'aiguisent à droite pour l'Elysée - Nicolas Sarkozy - ou Matignon - Jean-Louis Borloo : "En dépit des difficultés, de ceux qui réclament leur 'quatre heures' alors que c'est pas l'heure, eh bien les choses avancent".

"Le gouvernement est à la tâche sur tous les sujets fondamentaux pour notre pays : emploi, croissance, sécurité, santé, éducation, nous ne perdrons pas un jour pour répondre aux attentes des Français", a assuré le chef du gouvernement.

"Dans un an, je veux pouvoir présenter aux Français un modèle social rénové", a-t-il ajouté, affirmant son intention d'"éclairer les choix" à l'heure du verdict des urnes.

"PRENDRE LE TEMPS"

Les références appuyées aux rendez-vous de 2007 et à la campagne électorale qui s'esquisse, notamment au Parti socialiste, étaient soigneusement pesées. Dominique de Villepin, toujours à sa mission, refuse de signer à Matignon le dernier acte de sa destinée politique.

"A quelques mois des échéances présidentielles, il y a deux exigences à concilier : le travail gouvernemental et le débat d'idées", a-t-il estimé, épinglant au passage les propositions "rhétoriques, démagogiques et coûteuses" du Parti socialiste.

"On ne peut pas tout promettre. (...) On ne peut pas s'affranchir de la contrainte réalité", a-t-il dit.

Mariant au risque de la contradiction le volontarisme d'un candidat à l'autocritique du gouvernant, Dominique de Villepin s'est engagé à mettre à profit le "temps utile" qui lui reste tout en soulignant la nécessité de "prendre le temps" pour "faire avancer les réformes les plus difficiles".

Cette prudence, que ses détracteurs taxeront d'inertie, Dominique de Villepin a redit la puiser dans l'échec du CPE. "C'est vrai, je suis allé trop vite".

Place désormais au "temps de l'explication et d'un dialogue approfondi" dans le domaine de l'emploi, de l'éducation, de la justice.

"Une bonne réforme, c'est une réforme juste, équilibrée, ce n'est jamais une réforme précipitée. (...) Il ne faut pas considérer que la montre soit notre premier guide", a-t-il concédé.

Dominique de Villepin a souhaité que le projet de loi sur l'immigration soit adopté "avant l'été", le texte sur la prévention de la délinquance "à l'automne".

Mais la réforme de la justice attendra. "Nous ne ferons pas une réforme bâclée", a-t-il dit.

"La principale qualité d'un homme politique, c'est la constance d'un engagement", a souligné le Premier ministre.
© Reuters Limited.

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